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Ces petites bêtes qui piquent nos grosses

Ces petites bêtes qui piquent nos grosses
Par le Dr Vét. Aimé Sauvage


Avec les beaux jours ! Que de belles balades en perspective avec vos compagnons et bien sûr, plus de déplacements en concours.
Restez vigilants, car tiques, moustiques et autre vermine les attendent au détour d'un chemin.
A la faveur d’une piqûre, ils peuvent être parasités, avec des conséquences parfois graves.

Piroplasmose

La piroplasmose canine (encore appelée babésiose) est une maladie spécifique du chien due à un protozoaire parasite des globules rouges (Babesia canis) et transmise par la tique dure (Rhipicephalus sanguineus).
Les signes d'appel d'un chien contaminé sont les suivants : anorexie (perte d'appétit), adynamie (baisse de forme), pâleur des muqueuses, urines foncées, fièvre du 3e au 5e jour de la maladie.
Le diagnostic repose sur la mise en évidence des parasites dans les globules rouges. Après scarification de la face interne de l'oreille, une goutte de sang est récupérée, étalée, séchée, colorée puis observée au microscope. Ce procédé est fiable à 100 % si l'on met en évidence les parasites, mais attention, l'absence de babesia au microscope ne signifie pas que l'animal n'est pas parasité. Le traitement repose sur l'utilisation de deux produits : imidocarb (Carbesia nd) ou phénamidine (Oxopirvedine nd) en injection, accompagnée d'un traitement adjuvant permettant d'éviter les séquelles hépatiques et rénales.
Cette maladie, de diagnostic et de traitement aisés, peut cependant entraîner d'importantes lésions organiques pouvant conduire à la mort. Il est donc important de la prévenir par la protection du chien contre les tiques (rôle primordial du propriétaire) et contre le parasite (vaccination).

Hépatozoonose

L'hépatozoonose canine est une maladie peu décrite en France (une cinquantaine de cas dans le Gard). Hépatozoon canis est donc un protozoaire souvent méconnu qui infecte le chien après ingestion d'une tique contaminée. Il est responsable d'une maladie d'évolution capricieuse, parfois peu ou pas apparente, parfois plus grave (syndrome fébrile, fatigabilité, difficultés locomotrices... ). Le diagnostic repose sur la visualisation du parasite sur frottis sanguin ou biopsie musculaire. Le traitement, d'une efficacité discutable, fait appel à l'imiclocarb et aux anti-inflammatoires.

Ehrlichiose

L'ehrlichiose canine est une maladie due à un germe (Ehrlichia canis), très largement répandue, transmise par une tique qui affecte essentiellement les canidés (le berger allemand est particulièrement sensible). Cliniquement, l'ehrlichiose se manifeste par une phase aiguë peu spécifique (fièvre, abattement, anorexie, rhinite... ) qui évolue, en l'absence de traitement, vers une phase chronique avec, dans les formes les plus graves, une mort rapide. Le diagnostic se fait par mise en évidence du parasite dans les globules blancs (monocytes). Le traitement fait appel aux antibiotiques (Tétracyclines) ou à l'imidocarb ; les résultats du traitement sont bons en phase aiguë, beaucoup plus inconstants en phase chronique.

Maladie de Lyme

La maladie de Lyme est une zoonose (maladie qui peut être transmise à l'homme) due à une bactérie (Borrelîa burgdor fer) transmise par l'intermédiaire d'une tique.
Le chien, parasité par les tiques, constitue un réservoir de germes, en étroit contact avec l'homme (cas humains de maladie de Lyme en Midi-Pyrénées). Chez le chien, les signes d'appel de la maladie sont : fièvre, asthénie, anorexie et surtout boiterie. Le diagnostic fait appel aux techniques de laboratoire et le traitement est fondé sur l’antibiothérapie.

Leishmaniose

La leishmaniose est un parasite du à un protozoaire flagellé, et transmise par un moustique : le phlébotome. Elle peut atteindre l'homme, les canidés et les rongeurs et se rencontre essentiellement dans les Cévennes, en Provence-Côte d'Azur et en Corse.
Après une incubation de 3 à 6 mois, l'animal atteint manifeste des symptômes généraux (adynamie, amaigrissement), viscéraux (hypertrophie des ganglions et de la rate), mais surtout cutanés (pas de démangeaison, mais dépilation et parakératose de la face, ulcères des muqueuses et des coussinets, squames), Le diagnostic peut être direct par une mise en évidence du parasite (ponction des ganglions ou de la moelle se faire en laboratoire sur le sérum du chien parasité.
Le traitement est long (40 jours minimum), à raison d'une injection sous-cutanée de Glucantine nd tous les 2 jours, mais il peut être nécessaire de le prolonger pour obtenir une disparition de tous les symptômes.

Filariose cardio-pulmonaire

Dirofilaria immitis est un parasite que l'on rencontre essentiellement chez les canidés mais également chez les félidés. Ce ver rond, pouvant mesurer jusqu'à 30 cm est transmis au chien par l'intermédiaire d'un moustique vivant dans les régions chaudes, humides et marécageuses, favorables à son évolution. Après plusieurs mues, le parasite arrive au cœur par la circulation veineuse et s'engage dans les artères pulmonaires.
Les symptômes sont peu spécifiques et vont en s'aggravant : baisse de l'état général, intolérance à l'effort, toux facile et de plus en plus fréquente. Outre le syndrome cardio-vasculaire (qui entraîne la mort sans traitement), des symptômes nerveux ou cutanés peuvent être observés. Le diagnostic de certitude repose sur la visualisation des filaires (examen de sang par les microfilaires sanguinicoles, ou échocardiographie pour les adultes). Le traitement médical (filanicide) a donc pour but la destruction des filaires adultes et des microfilaires. Cependant, il n'est pas sans risque d'autant plus que les substances thérapeutiques utilisées ne sont pas dénuées de toxicité.

Conclusion

Soigner c'est bien, mais protéger c'est mieux. N'omettez pas de répandre le plus largement possible un insecticide (Tiquanis
Defendog ou Frontline par exemple) sur le pelage de votre compagnon lorsque vous vous rendez dans les régions dites "à risques".



15/02/2014

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